Innovaud Connect Machine Learning & AI TIC

Dans la course à l’intelligence artificielle, la Suisse se positionne très favorablement, avec des centres de compétence reconnus et des acteurs de pointe partout sur son territoire. A terme, Google pourrait employer 5’000 personnes dans notre pays, ce qui fera de son antenne helvétique le premier centre de recherche hors des Etats-Unis, le tout dédié au Machine Learning. Cet essor devrait notamment bénéficier aux acteurs du Canton de Vaud, dans ce domaine d’avenir avec des scale-ups telles que Nexthink ou BestMile.

Combinant le big data et des algorithmes d’apprentissage, le machine learning ou apprentissage automatique rend aujourd'hui possible la résolution de problèmes complexes considérés inaccessibles jusqu'à peu de temps. Il ouvre de nouvelles perspectives dans la recherche contre le cancer, par exemple.

Conscient du potentiel du Machine Learning et des applications basées sur l’intelligence artificielle, Innovaud a organisé le 29 mars à l’EPFL Innovation Park un événement dédié à cette thématique rassemblant plus d’une trentaine d’experts issus du monde académique et des entreprises de haute technologie

Après une brève introduction, Patrick Barbey, directeur d’Innovaud, a passé la parole à Marcel Salathé. Le Professeur en sciences de la vie, en informatique et en systèmes de communication de l’EPFL donne tout de suite le ton : la part des entreprises utilisant des applications basées sur le Machine Learning devrait passer de 8 à 45% dans les 5 prochaines années. Pas surprenant que la première édition des Applied Machine Learning Days, organisée en janvier dernier, ait affiché rapidement complet. La suite de cet événement à succès est d’ores et déjà prévue en 2018.

Parmi les quatre entreprises qui ont eu l’opportunité de se présenter lors du Connect, on retrouve Netguardians. Comme l’explique son responsable R&D Jérôme Kehrli, la scale-up d’Y-PARC à Yverdon-les-Bains s’est engagée dans un projet soutenu par la CTI (Commission pour la Technologie et l’Innovation) avec la HEIG-VD pour rendre sa solution anti-fraude bancaire encore plus performante grâce au machine learning et lui permettre de déceler des modes de fraude encore inconnus. Autre société issue de la HEIG-VD et présente à l'événement : la startup Avalia Systems, co-fondée par le Professeur Olivier Liechti. Grâce au machine learning, la jeune entreprise évalue la qualité de l'ensemble du processus de développement informatique, un avantage considérable dans une économie qui se digitalise.

Dans le domaine créatif, la startup iSIZE se base sur le machine learning et l’intelligence artificielle pour transformer toute vidéo de résolution standard ou haute définition en très haute définition (4K), une opération de "upscaling", nous explique Hugo Muriel, le CTO et co-fondateur de l’entreprise qui opère depuis Lausanne. La dernière société à se présenter était Predictive Layer. La startup de Rolle utilise l’apprentissage automatique pour faire des prédictions sur l'évolution de la demande en énergie ou sur les cours de matières premières par exemple. L’entreprise vaudoise a su convaincre Arcelor Mittal d’adopter sa solution.

Si le succès des entreprises vaudoises est déjà au rendez-vous, à l'image de Sophia Genetics et de son système qui aura bientôt analysé 100'000 profils génomiques dans le monde, des questions importantes se posent. Il y a par exemple la sauvegarde de la confidentialité des données, un domaine où les entreprises vaudoises ont les moyens de faire la différence. Il y a aussi la question de savoir qui va apprendre aux machines à apprendre. Pour le professeur Marcel Salathé, pouvoir former plus d’ingénieurs spécialisés dans le machine learning sera un des enjeux majeurs de ces prochaines années. Un autre enjeu de taille sera d’intéresser les femmes à s’investir dans un domaine d'avenir dans lequel elles sont aujourd’hui hélas trop peu présentes.

Rédigé par Eugène Schön