InnovaudConnect LIFE SCIENCE

La santé de la peau a un potentiel de développement considérable. C’est en substance ce qu’on pouvait découvrir il y a une année déjà, lors du premier Innovaud Connect dédié au Skin Health. Depuis lors, ce marché poursuit sa croissance. La cosméceutique en est un parfait exemple. Avec un volume appelé à dépasser les 8 milliards en 2022, ce marché attise aujourd’hui les convoitises de nombreuses entreprises qui redoublent d’efforts dans leurs recherches de principes actifs innovants, un domaine dans lequel notre région a un rôle clé à jouer. 

Désirant faire découvrir comment trois entreprises vaudoises ont abordé le marché des cosméceutiques, Innovaud a eu l’opportunité d’organiser une deuxième édition de son Connect dédié à la santé de la peau (Skin Health) le jeudi 12 octobre dernier à l’EPFL Innovation Park. Cet événement a permis de réunir une trentaine d’invités issus d’entreprises vaudoises, du domaine de la recherche et du milieu hospitalier.

Comme va nous l’apprendre Pierre-Jean Wipff d’Innovaud dans son introduction, la cosmétique s’inspire toujours plus du domaine pharmaceutique pour se différencier et apporter de la valeur. Les cosméceutiques sont des produits cosmétiques - tels que des crèmes de soins - contenant des ingrédients bioactifs ayant des effets médicaux ou médicamenteux

La première société à se présenter est Activen SA. Fondée en 2010, la biotech lausannoise découvre, développe et commercialise des actifs cosmétiques dont les méthodes de développements sont inspirées de celles rigoureuses de la pharmaceutique. La compagnie propose par exemple le XEP-018, un ingrédient actif pour le traitement des rides et de la couleur de la peau. Comme nous l’explique son directeur J.-M. Le Doussal, l’entreprise est entrée très tôt sur le marché du skin health en se basant sur son expertise dans le domaine des protéines thérapeutiques : une approche pionnière qu’elle entretient en poursuivant la recherche de nouvelles micro-protéines capables de traverser les couches supérieures de la peau afin d’obtenir un effet cosmétique.

Deuxième en lice, Nagi Bioscience, une startup de l’EPFL, développe une technologie permettant l’analyse automatisée du nématode « C.elegans ». La technologie de « Worm in a Lab Chip » élaborée par les deux fondateurs, Laurent Mouchiroud et Matteo Cornaglia, basée sur l’utilisation de microfluidiques, la plateforme OrganISM-on-CHIP de Nagi Bioscience permet une maîtrise absolue des conditions de culture, une synchronisation du cycle de vie de ce vers et des traitements automatisés, avec des gains de temps (et d’argent) importants pour la recherche des cosméceutiques. Ces vers de 1 mm de longueur qui ont en commun 60% du patrimoine génétique avec celui des humains pourraient s’imposer comme un modèle de choix pour l’analyse de la toxicité et de l’efficacité de nouvelles molécules pharma et cosmétiques. Il est à rappeler que les récentes normes européennes interdisent l’utilisation d’animaux dits « supérieurs » pour effectuer de tels tests dans le cadre de développements de produits cosmétiques.

C’est enfin Riccardo Nisato, General Manager Tissue Engineering Products d’Elanix, qui nous présente le parcours de son entreprise. Elanix développe et commercialise des produits pour la régénération tissulaire qui trouvent leur application dans le traitement de brûlures et d’affections dermatologiques et gynécologiques. Elanix fournit aussi des services dans les technologies cellulaires. La société a été créée en 2012 comme spin-off de l'hôpital universitaire de Lausanne (CHUV) pour commercialiser une technologie brevetée d’extraits de cellules progénitrices. Ces extraits décellularisés sont des inducteurs très puissants de la croissance et de la guérison des tissus. L’entreprise a lancé cet été dans l’UE sa crème GYNrepair Cream, pour le confort de la zone intime externe chez la femme. Ce produit cosmétique s’inspire de la rigueur pharmaceutique afin d’apporter une réelle plus-value à l’utilisateur.

Si ces trois histoires se distinguent chacune par des parcours très différents, elles illustrent toutes la difficulté d’allier au sein d’une même entreprise les cultures cosmétiques et pharmaceutiques qui diffèrent essentiellement par des environnements régulatoires bien différents. Les considérations cliniques, les allégations sur les produits et les méthodes de marketing doivent être adaptées au domaine spécifique de la cosméceutique. Néanmoins, les entreprises de notre canton disposent d’un environnement de sous-traitants et de compétences diverses pour s’imposer sur un marché international toujours plus compétitif et avide d’innovations dans le domaine de la santé de la peau.  

Rédigé par Eugène Schön