Portrait d'entreprise - Artmyn TIC

Tel est le projet novateur et révolutionnaire d’Artmyn! Fondée en mai 2016 et installée à Saint-Sulpice, cette jeune startup a reçu, en date du 13 octobre 2017, un prêt de la Fondation pour l'Innovation Technologique (FIT) de CHF 500'000.-. La startup a su capitaliser sur plusieurs années de recherches académiques pour devenir une entreprise à l’avenir prometteur. «Artmyn est la transformation du projet e-facsimilé, développé dans le laboratoire du Professeur Martin Vetterli, en une digitalisation de haute qualité des œuvres d’art sur écran», indique le cofondateur et CEO Alexandre Catsicas. Née de la rencontre d’Alexandre avec les ingénieurs Loïc Baboulaz, Julien Lalande et Matthieu Rudelle, l’entreprise compte 7 personnes et est en plein développement.

«Nous avons vécu une période délicate au lancement de l’entreprise, souligne Alexandre Catsicas, car à l’époque l’état de la technologie ne permettait pas encore de scanner en grande quantité et à la vitesse à laquelle nous allons aujourd’hui. Le subside accordé par Google, qui avait permis d’assurer les premières années de recherche, arrivait à son terme, et nous nous sommes posé la question de la pérennité économique. L’accord de financement que nous avons reçu de l’EPFL (Prix Innogrant) a été une passerelle nous permettant de fabriquer un nouveau prototype de scanner, bien plus performant. Le prêt FIT early est une parfaite continuité qui non seulement nous permettra d’améliorer les performances du scanner - intégration de lumières UV afin de révéler les éventuelles restaurations à la surface de l’œuvre - mais également d’accélérer le développement et la commercialisation de notre nouveau « Passeport Biométrique pour l’Art » sur la scène internationale. 

Comment allez-vous utiliser le financement de la FIT ? 

En collaboration avec des maisons d'enchères, des experts en art ainsi que d’autres acteurs majeurs de l’industrie, Artmyn développe actuellement un nouveau standard: le premier «Passeport Biométrique pour Art» - un passeport numérique hautement sécurisé et encrypté qui accompagnera une œuvre au cours de sa vie, conservera son ADN, assurera sa traçabilité, son état, son authenticité et ainsi donc sa transférabilité. Ce passeport biométrique pour l'art offrira une transparence sans précédent sur le marché de l'art tout en garantissant une confidentialité totale pour les collectionneurs.

Comment Innovaud vous a-t-elle aidés ?

Innovaud nous a offert son soutien à un moment crucial, peu avant la constitution de la société. Nous étions dans une période de transition entre la recherche et le business, et nous cherchions des fonds pour effectuer la bascule entre le monde académique et le monde de l’entrepreneuriat. Nous souhaitions perfectionner l’équipement pour augmenter la taille de numérisation des œuvres, afin de pouvoir répondre à des mandats. L’Innogrant nous a été accordé, puis peu après le projet CTI (commission pour la technologie et l’innovation). Innovaud nous a accompagnés en nous donnant des conseils et en nous orientant pour faire les bons choix business, ce qui s’est avéré fondamental.

En quoi votre produit est-il innovant?

Nous avons développé une nouvelle génération de scanner et d’algorithmes qui offrent la possibilité de numériser et de visualiser les œuvres en 5 dimensions: les 3 dimensions que nous connaissons tous, ainsi que 2 dimensions relatives aux angles de perception et à la luminosité. Le résultat est que nous sommes capables de retranscrire en très haute définition la matière et la texture des œuvres sur un écran (1,2 milliards de pixels). Trois champs d’application sont dans le scope: les milieux culturels que sont les musées et les fondations, les institutions commerciales telle Sotheby’s, et enfin les collectionneurs privés et les assurances, afin de pouvoir établir un passeport digital unique pour chaque œuvre numérisée.

Où en êtes-vous actuellement?

Nous travaillons sur l’infrastructure qui permettra de créer et gérer ce passeport digital des œuvres, ayant pour objectif de garantir l’authenticité et la provenance des pièces qui peuvent être amenées à voyager entre musées, galeries et collections privées. Nous avons déjà des clients dans les trois champs d’application que nous visons, ce qui renforce notre position et notre crédibilité pour l’acquisition de nouveaux prospects. Sotheby’s, Plateforme 10 (qui regroupe 3 musées suisses), ainsi que des plateformes de vente d’art en ligne ou encore des compagnies d’analyse et de surveillance. Pour continuer notre expansion, nous allons recruter d’ici la fin de l’année des profils d’ingénieurs ainsi qu’une personne pour me seconder dans le développement d’affaires et opérationnel.

Quels sont les projets d’Artmyn?

A long terme, nous allons consolider nos partenariats avec nos cœurs de cibles dans les trois champs d’application que j’ai évoqués. Nous restons à l’écoute du marché de l’art, ce qui nous oriente par exemple vers la future réalisation d’e-catalogues interactifs pour les institutions, dans le but de diminuer les impressions papier et de rendre l’approche de l’œuvre beaucoup plus immersive que ce que l’on trouve actuellement sur le web. Nous avons également prévu de lancer notre propre plateforme en ligne de vente privée d’œuvres d’art – permettant aux collectionneurs de vendre et acheter des œuvres tout en bénéficiant de nos dernières avancées technologiques. Un projet de R&D important que nous pensons initier prochainement, consistera à réduire la taille de notre équipement de façon à pouvoir authentifier des œuvres avec son téléphone portable.

Propos recueillis par Julien Guex et Dimitri Kas

www.artmyn.com