Portrait d'entreprise - Lantern Solutions INDUSTRIETIC

Lantern Solutions, une lampe comme outil pédagogique

Comment faciliter, lors d'un cours, l'interaction entre étudiants et professeur, afin d'assurer pour ce dernier le suivi d'un exercice pratique ou répondre à une demande d'intervention de la part d'un élève, d'un seul coup d'oeil et sans déranger la classe entière ? Hamed Alavi, Iranien de 32 ans, chercheur à l'EPFL en technologies dans le domaine de l'éducation, a mis au point une lampe interactive qui, placée devant chaque participant ou groupe, permet grâce à ses couleurs changeantes de voir immédiatement l'état de progression de l'exercice en cours. Mais aussi de collecter des données par wi-fi permettant au professeur de les consulter ensuite sur son ordinateur. De ce projet de recherche naît, en août 2012, Lantern Solutions Sàrl, qu'il fonde avec Pierre Dillenbourg, professeur à l'EPFL.

Une start-up qui a bénéficié de plusieurs aides, dont celle de l'AIT (devenue aujourd'hui Innovaud) qui a mis en relation la jeune entreprise en devenir avec Platinn, du Parc scientifique de l'EPFL et du Service de la promotion économique et du commerce, qui a aussi soutenu ce projet en favorisant, entre autres, une visibilité de Lantern Solutions lors du Salon international de l'éducation et de la formation Worlddidac 2012, à Bâle. Interview.

Hamed Alavi, comment avez-vous eu cette idée lumineuse ?

Lors d'un travail sur le terrain de six mois, suivi de séances de brain storming, en vue d'optimiser un cours. A savoir comment montrer les informations inhérentes tant au professeur qu'aux étudiants, sans déranger la dynamique naturelle du cours. Et surtout à l'aide d'une interaction plus simple à gérer qu'un Ipad, par exemple. Il se dit que l'idée de la lampe vient de moi, personnellement je n'en suis plus très sûr (il rit) mais je l'ai concrétisée.

Votre invention suscite-t-elle déjà beaucoup d'intérêt ?

Oui, en Suisse, la première à s'y intéresser a été l'Ecole Moser à Genève, puis l'EPFL, l'Ecole internationale à Genève, une école privée à Berne et nous avons aussi un projet en cours avec l'UNIL. Et à l'international, les universités de Sydney, de Chicago et en Finlande aussi.

Combien de lampes avez-vous déjà vendues ?

Environ 200 mais on les loue surtout. Cela nous permet de mieux gérer les adaptations ou d'éventuelles réparations.

Pourraient-elles servir dans d'autres domaines que l'enseignement ?

Oui, lors d'événements organisés par des sociétés, afin d'en augmenter l'efficacité, toujours selon le même principe. On a aussi pensé à la restauration mais ce n'est pas simple d'y intégrer nos lanternes, notamment au niveau du décor d'un restaurant, il faudrait dès lors retravailler leur design.

Combien coûte une lampe ?

200 francs, avec un prix régressif bien sûr en cas de commandes multiples.

Quelle est la principale difficulté pour promouvoir un tel produit ?

C'est en même temps facile et difficile. En général les technologies pour la formation ou l'éducation intéressent d'emblée. Mais comme il s'agit ici d'un objet à portée didactique qui est destiné à un groupe de personnes et non à un simple individu, c'est déjà plus difficile, il s'agit vraiment d'un challenge.

Un dernière question un peu indiscrète, vous arrivez à en vivre ?

Oui, cela commence même si cela avance lentement. Mais cela fait partie de l'esprit du business avec les écoles, c'est un peu différent d'un autre marché.

www.lantern.ch

Propos recueillis par Jacques Musy