ASPIVIX: AMÉLIORER LA QUALITÉ DES SOINS PRODIGUÉS AUX FEMMES

Accéder au col de l’utérus tout en diminuant l’appréhension et la douleur des femmes, en particulier lors de la pose d’un stérilet : telle est la proposition de valeur d’Aspivix, une startup fondée en 2015 par Julien Finci, David Finci et Mathieu Horras.

« Actuellement, l’accès à la cavité utérine se fait en pinçant le col de l’utérus avec une pince de Pozzi. C’estun instrument crochu provoquant des douleurs et qui fait systématiquement saigner les patientes », se désole leCEO Mathieu Horras.

Selon une étude réalisée auprès de 500 femmes dans six pays, près d’une femme sur cinq ne porte pas de stérilet à cause de la peur d’avoir mal lors de l’intervention. Aspivix développe un instrument indolore en plastique muni d’une ventouse et d’une réserve d’air rechargeable. Un changement de paradigme qui ouvre des perspectives dans le domaine des soins médicaux délivrés aux femmes.

Comment Innovaud vous a-t-elle soutenus ?

Innovaud nous a conseillé très en amont du projet en nous dirigeant vers Innosuisse (ancienne CTI) afin de bénéficier d’un coaching. L’obtention d’un projet CTI fin 2016 a permis à notre CTO, Julien Finci, de se consacrer au développement du produit début 2017, en partenariat avec la Haute Ecole Arc de Neuchâtel. Innovaud nous a aussi dirigé vers le SPEI, Venturelab et Venture Kick. C’est grâce à cette association très active dans l’écosystème vaudois de l’innovation que nous avons rencontré de possibles partenaires dans le domaine de la qualité, de la réglementation médicale et de l’injection plastique. Elle nous a mis en relation avec la FIT et nous invite régulièrement à participer à des événements intéressants pour notre développement.

En quoi votre produit est-il innovant ?

Notre produit est atraumatique et ne blesse pas les patientes ! C’est une véritable innovation qui devrait permettre de réconcilier les femmes, en particulier les jeunes femmes, avec la pose d’un stérilet. L’instrument est pensé pour se substituer à la pince de Pozzi, sans que le geste du gynécologue ne soit significativement modifié, et ce dans le but de faciliter l’adoption du produit par le praticien. Avec pour corollaire une amélioration de la relation avec la patiente du fait de l’absence de douleur.

Un autre point important à signaler est que certaines patientes ne désirant pas d’enfants et prenant la pilule oublient parfois leur traitement. On estime qu’il y a 10 fois plus de grossesses non désirées par des patientes prenant la pilule que par des patientes avec un stérilet. Il y a là un véritable enjeu de santé publique, avec les coûts que cela induit.

Où en êtes-vous actuellement ?

Nous avons fait une levée de fonds en 2018, ce qui nous a permis de réaliser un prototype. Pour assurer le développement et la conformité de notre produit aux normes réglementaires, notamment via un marquage CE, nous allons embaucher un ingénieur mécanique et un ingénieur qualité. Des tests ont été réalisés auprès de praticiens, ce qui nous a conduit à avoir un instrument jetable mais utilisable plusieurs fois sur une même patiente. Nous préparons un dossier avec l’aide de l’entreprise Medidee pour pouvoir réaliser une étude clinique. L’ECAL nous aide à améliorer notre produit afin de le rendre intuitif pour les gynécologues. Nous sommes aussi à la recherche de nouveaux locaux, toujours dans le canton de Vaud, éventuellement au Biopôle de Lausanne qui propose un écosystème motivant pour notre entreprise.

Quels sont les projets d’Aspivix ?

Comprendre le plus pertinemment possible le marché pour adresser correctement notre produit. Six personnes d’un programme MBA de l’IMD travaillent sur notre projet pour identifier les opportunités d’affaire. Nous prévoyons un début d’activité commerciale en 2019 et analysons les propositions de plusieurs fabricants. A plus long terme, nous envisageons de développer d’autres produits en cohérence avec notre approche d’amélioration de laqualité des soins pour les femmes. Il y a un fort potentiel et de nombreuses opportunités que nous identifions.

Propos recueillis par Dimitri Kas

www.aspivix.com