La robotique industrielle à l'ère de l'IA

Nous avons discuté avec Baptiste Busch, CEO & Cofondateur de AICA. Il a pris part à la 3e édition du programme LeadiNNg to Scale-Up, proposé par Innovaud et l’IMD. Découvrez son expérience mais aussi l'histoire de l'entreprise AICA.

AICA a été fondée en 2019 et est issue de l’EPFL. Aujourd’hui, l’entreprise est basée sur le Campus Unlimitrust de SICPA et poursuit un objectif : simplifier et optimiser la programmation des robots afin d’amplifier le potentiel humain. Leur solution répond directement aux besoins de l’industrie. Rencontre avec Baptiste Busch, cofondateur et CEO d’AICA qui revient sur leur parcours mais aussi sur sa participation au programme LeadiNNg to Scale-Up proposé par l’IMD et Innovaud.  

Comment est né AICA ? Et quelle est votre activité principale ?

Nous proposons un logiciel de contrôle pour la robotique industrielle. Pour comprendre un peu l'origine d’AICA, il faut revenir à l’époque de mes études. J'ai moi-même réalisé une thèse à Bordeaux en robotique collaborative, avant de faire un post-doctorat dans un laboratoire de l'EPFL, avec Aude Billard. C’est à ce moment-là que nous avons constaté qu'un grand nombre d’entreprises venaient au laboratoire de recherche, intéressées par les algorithmes de robotique collaborative, d'apprentissage machine, etc., 

C’est ainsi qu’Aude a eu l’idée de créer une société dont le but serait de faire du transfert de recherche en robotique collaborative et de pousser cette technologie vers l'industrie. Nous l'avons laissée mûrir, et avons pu obtenir un financement de l'EPFL. Puis en 2022, nous sommes sortis du laboratoire, notamment avec mon collègue Enrico Eberhard qui était aussi en post-doctorat au LASA.

Comment voyez-vous évoluer le monde de la robotique avec l'influence de plus en plus forte de l'IA ? 

Pour répondre à cette question, il faut revenir à la base. Dans les années 80, le marché produisait des robots industriels répétant le même mouvement, avec des logiciels qui permettent de programmer ces actions afin de réaliser de la production de masse, comme dans l’industrie automobile par exemple. Puis une nouvelle tendance est apparue avec des besoins plus précis et spécifiques afin de customiser les différentes pièces pour une production en petites séries. Il faut donc des robots capables de réaliser différents mouvements selon les exigences des pièces. Le problème actuel est que les grosses industries ne souhaitent pas changer l’entièreté de leur parc de machines ayant été conçu pour de la production en masse. Nous amorçons actuellement cette transition vers des lignes de production avec des ordinateurs permettant d’intégrer de l’IA mais cette transition est délicate. 

Par conséquent, où est-ce qu’AICA se positionne dans cette évolution ?

Justement nous nous positionnons en proposant des logiciels capables de faire de la robotique différemment en utilisant l’IA afin d’amener du contrôle en temps réel à l’aide de capteurs, le tout intégré dans un écosystème connecté. Et comme expliqué ci-dessus, nous pouvons proposer ce type de prestation car les infrastructures commencent à changer ainsi que les mentalités. Initialement, la robotique était un métier de mécanicien et non de programmeur logiciel. Cette compétence logicielle est de plus en plus demandée et apporte des nouveaux standards et bonnes pratiques au métier de roboticien. 

Plus récemment, vous avez participé au programme LeadiNNg to Scale-Up, proposé par Innovaud et l’IMD. Comment l’avez-vous découvert ?

J’ai découvert le programme durant le Top 100 2023 et parallèlement, je connaissais très bien Jim Pulcrano (nldr : responsable du programme LeadiNNg to Scale-Up). Je me rendais compte à cette période qu’en tant que CEO j’avais besoin de comprendre certains éléments cruciaux de management afin d’amorcer au mieux une future forte croissance, comme par exemple quelle structure mettre en place pour se développer etc. Disons que le timing était idéal pour AICA !

Quels sont les enseignements qui t’ont marqué ?

Comme mentionné auparavant, le cours qui se concentrait sur la mise en place d’une structure optimale m’a passionné. L’intervention de l'ex COO de MindMaze a été riche en conseils et a répondu à beaucoup de mes questionnements. Je retiens surtout cette morale : « la première crise d’une société est une crise de management ». Je recommande LeadiNNg to Scale-Up aux entreprises qui sont dans ce momentum juste avant de connaître une forte croissance. C’est très utile car nous sommes entre CEOs qui vivons les mêmes défis et c’est rassurant.

Le programme est donné par des professeurs de l’IMD mais aussi par des CEOs ayant connu cette étape de scaling. Que pensez-vous de ce mix ?

C’est un équilibre bien trouvé entre la théorie et la pratique. En effet, la qualité des cours est excellente et les externes apportent cet aspect pratique.